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Jean-Luc Petithuguenin, Président-Fondateur de PAPREC Group au Club Delville

Jean-Luc Petithuguenin, Président-Fondateur de PAPREC Group au Club Delville

« La construction du Groupe PAPREC : le pari du recyclage »

Le très charismatique Jean-Luc Petithuguenin était l’invité du petit-déjeuner du Club Delville, le mercredi 22 mars.

Le Président Directeur Général de l’entreprise Paprec (4500 salariés, 1,5 milliard de chiffre d’affaires, 6,7 millions de tonnes de déchets recyclés en 2016, plus de 100 sites), leader français indépendant du recyclage, avait donc accepté de livrer sa vision avisée sur ce sujet ainsi que sa philosophie managériale. «Lorsque j’ai créé mon entreprise en 1994 la plupart de mes interlocuteurs ne comprenaient pas mon choix. Selon eux, j’étais un illuminé qui se lançait dans un secteur sans avenir. Les mentalités ont bien évolué depuis. À l’époque, ces problématiques n’étaient pas encore au cœur du débat public, les décharges avaient encore pignon sur rue », se souvient ce grand amateur d’opéra et «fervent européen » comme il aime se définir.

L’idée révolutionnaire de Jean-Luc Petithuguenin à l’époque : sauvegarder le potentiel des matières premières tout en agissant sur la dépense d’énergie, très lourde, nécessaire à la transformation de ces matières vierges. « Le recyclage permet d’en réduire de façon significative la consommation. Il faut 4 fois moins d’énergie pour produire du verre à partir de la matière usagée, qu’à partir du sable. Une tonne de plastique recyclé, c’est 830 litres de pétrole économisés. Le recyclage est source de profit pour la planète. » rappelle-t-il. Selon Jean-Luc Petithuguenin, le déchet, en soi, n’est pas le « diable », à condition de bien le traiter. «D’autant que les pays en développement accèdent en masse à notre mode de consommation. Comment le leur reprocher ? ».

Comparant les différentes manières de traiter les déchets, le PDG de Paprec estime que le recyclage demeure la meilleure des solutions. «L’enfouissement n’est pas une option viable. L’incinération peut éventuellement se concevoir à condition de produire de l’électricité dans le même temps », souligne-t-il. Aujourd’hui Paprec s’enorgueillit de posséder 40 000 contrats de recyclage. «Dans les années 90, toutes les tours de la Défense étaient engagées dans des programmes d’incinération. Aujourd’hui, elles ont toutes mis en œuvre des programmes de recyclage. Je le sais d’autant mieux que je possède 50% de ces contrats », sourit-il.

paprec

Numéro 3 du recyclage en France, derrière deux grosses multinationales, Jean-Luc Petithuguenin estime que l’agilité et la taille de son groupe représentent autant d’atouts pour conquérir des marchés et rester concurrentiel. «Au 20ème siècle les gros mangeaient les petits. Au 21ème ce sont les rapides qui mangent les lents » sourit-il. La corruption des élus? Selon Jean-Luc Petithuguenin, dont le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 400 millions avec les collectivités territoriales en 2016, la corruption a drastiquement diminué depuis une trentaine d’années. «Le pic en la matière, c’était l’année 1984, soit 2 ans après les premières lois de décentralisation mises en œuvre par le gouvernement de François Mitterrand ».

«Au 20ème siècle les gros mangeaient les petits. Au 21ème ce sont les rapides qui mangent les lents »

Au nom d’un combat qu’il mène depuis plus de 20 ans contre les discriminations, Jean-Luc Petithuguenin, a souhaité que l’ensemble de ses 4500 collaborateurs (56 nationalités différentes) se prononcent sur l’application d’une charte de laïcité inscrite au règlement intérieur du groupe. « Nous l’avons mise en place il y a 4 ans. 100% des salariés et des syndicats l’on votée. D’où sa légitimité. Petit conseil. Il ne faut jamais imposer une charte de ce type, mais il faut débattre et la soumettre au vote», explique-t-il. Par ailleurs, Jean-Luc Petithuguenin, au sein de Paprec, lutte contre la discrimination faite aux seniors. « On marche sur la tête. On demande aux gens de partir à la retraite à 65 ans alors que dans certains groupes on est considéré comme un senior à 45 ans.

Cela veut-il dire que l’on ne peut être employable que de 30 à 45 ans? Dans certaines entreprises, on n’accorde plus de promotions professionnelles aux plus de 50 ans. C’est scandaleux », s’indigne-t-il. Il y a quelques mois il a recruté un DRH de … 60 ans. «Dans ce domaine, l’expérience est un atout précieux », note-t-il. Selon le PDG de Paprec, l’envie demeure le critère le plus important pour réussir et s’épanouir dans une entreprise. «Je regrette le diktat des diplômes, même si ces derniers sont importants. En France, la note de maths que vous obtenez à 18 ans, dans les grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce, est de nature à conditionner votre parcours professionnel pour toute votre vie. Cela n’est pas normal ».

Eric Delon

(1) 17 implantations sur toute la France

Vidéo de la conférence du 22 mars

Biographie

Diplômé de l’ESSEC en 1979, Jean-Luc Petithuguenin a été contrôleur de gestion, directeur financier et directeur général d’une entreprise de BTP. En 1990, il devient chargé de mission à la Générale des Eaux puis directeur général des branches recyclage et nettoyage industriel au sein du même groupe.

Il reprend la société Paprec en 1994, dont il est toujours le PDG. Il est également président fondateur général du groupe Helios (BTP) depuis 2000. Helios est le leader français de la signalisation horizontale. Jean-Luc Petithuguenin est connu et reconnu pour son engagement en faveur de la diversité et de la lutte contre toutes les formes de discriminations dans l’entreprise. Il a reçu le prix de l’entrepreneur de l’année 2012 organisé par Ernst & Young et L’Express, et le Prix de l’Entrepreneur de l’année 2016 organisé par BFM Business.

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