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« La transformation passe par l’humain »

Management de transition Delville

Retour sur les « Les rencontres – Entreprises : transformation, restructuration, financement » le 20 juin dernier organisées par Option Finance

 

Intervention de Nicolas Doucerain, directeur associé Delville Management, cabinet spécialisé en management de transition

 

« La transformation passe par l’humain »

 

 « Nous vivons une période exaltante, de transformation économique, politique, culturelle, pour nos jeunes et dans les entreprises ! » Delville Management, cabinet en management de transition, était partenaire de la matinée d’échanges organisée le 20 juin 2017 par Option Finance sur le thème « Entreprises : transformation, restructuration, financement ». Nicolas Doucerain, nouvellement associé au sein du cabinet, pour développer le pôle « restructuring & IT », est intervenu pour partager à la fois son expérience d’entrepreneur et sa vision de la situation économique actuelle. Il s’est montré résolument optimiste. « Si on remonte à la seconde révolution industrielle, la situation française était bien plus catastrophique qu’aujourd’hui. Le chômage de masse, une crise financière à Vienne, Berlin et Paris s’accompagnaient d’une crise immobilière terrible. Et pourtant, l’époque a vu naître le moteur à explosion, l’automobile, l’aviation… S’est ouvert un cycle qui a généré des milliers d’emplois », rappelle-t-il. Sans oublier de faire un parallèle avec l’époque récente. Selon lui, « les empires industriels d’hier étaient les start-ups d’aujourd’hui ! »

« Entrepreneur, c’est avoir une idée et la capacité à donner vie à cette idée »

Nicolas Doucerain Delville Management de transition

Dès la fin des années 1990, cet entrepreneur dans l’âme s’est lancé dans le conseil en recrutement spécialisé dans les systèmes d’information, en créant son cabinet baptisé Solic. « Je me souviens avoir compris qu’on pouvait créer son activité en allant distribuer du pain à domicile chez les habitants de ma ville, quand j’étais ado. Avec des amis, on avait compris qu’il y avait un besoin et nous avons su répondre à cette demande », se souvient-il. « Entrepreneur, c’est avoir une idée et la capacité à donner vie à cette idée », poursuit-il. Chose faite des années plus tard avec Solic, qui remporte rapidement un joli succès. Le cabinet ouvre des antennes à Paris, Lille, Lyon, Nantes, Besançon et devient un des plus gros acteurs du secteur.

Puis survient la crise financière. Nicolas Doucerain se souvient encore avec précision du 15 septembre 2008 et des jours qui ont suivi. La plus grosse faillite de toute l’histoire, celle de l’américain Lehman Brothers, va avoir des conséquences en chaîne qui vont fortement impacter son activité. « On travaillait essentiellement pour des entreprises du CAC40 et leurs filiales. Nous avons été confrontés à des annulations de missions à la pelle. En deux mois mon groupe a perdu 55% de son chiffre d’affaires. Les pertes se sont substituées aux bénéfices », se souvient-il. Il a fallu agir, par l’exemplarité : Nicolas Doucerain baisse notamment sa rémunération de 40% et diminue ses frais. Vient une première vague de licenciement, puis une seconde… Incontournables. En neuf mois, l’entreprise perd 2,5 millions d’euros. Il reste alors 400.000 euros dans les caisses. Elle dépose le bilan le 30 juin 2009. « A ce moment-là, j’ai dit à mes collaborateurs : on va s’en sortir. Nous avons lancé 21 projets. Trois ont marché. Ca nous a permis de valider un plan de continuation. » Il a ensuite conté son combat dans un ouvrage à succès, Ma petite entreprise a connu la crise (Bourin Edition, 2012). « J’ai envoyé mon livre aux 40 dirigeants du CAC40. La moitié d’entre eux m’ont répondu. Une partie m’a demandé de me transformer en manager de transition pour les accompagner. De cette expérience, j’en ai fait mon métier. »

« Nous sommes tous responsables de la transformation nécessaire à la survie de nos entreprises. »

A partir d’un événement exogène qui aurait pu entraîner sa chute, Nicolas Doucerain a su rebondir et s’ouvrir de nouvelles opportunités. « Entrepreneur, c’est finir par réussir à force de ne jamais abandonner », aime-t-il répéter. C’est aussi être capable de s’adapter en permanence : « Nous sommes tous responsables de la transformation nécessaire à la survie de nos entreprises. » Dernier enseignement, fondamental : « cette transformation passe par l’humain. » Dans l’histoire de Solic, ce sont les idées et les projets qui ont permis de sauver l’entreprise. Des ressources immatérielles sans lesquelles la liquidation n’aurait sans doute pas pu être évitée.

Compte rendu élaboré par Aurore Gorius, journaliste