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Mutation vers la voiture autonome : le monde du Ā

Mutation vers la voiture autonome : le monde du Ā

Marc Petitqueux - Directeur de missions du Pôle Industrie, Delville Management

Regard de Marc Petitqueux – Directeur de mission de la BU Industrie de Delville Management, Directeur-Fondateur de l’ICAM de Toulouse, avec 30 ans d’expérience industrielle dont 15 ans dans l’automobile (PSA, Yamaha, Mecachrome) et 10 ans dans l’aéronautique.

 

Les industriels du marché automobile sont au cœur d’un mouvement révolutionnaire : la voiture autonome. La mouvance du marché, l’innovation des tech-players et le positionnement des constructeurs imposent aux équipementiers d’anticiper pour répondre au mieux aux besoins du marché.

En 1949, Gosseyn, le héros de Van Vogt, passait du monde du A (Aristotélicien) au monde du Ā (non Aristotélicien). Par analogie, nous passons :

  • du monde du A (Automobile historique) avec nos héros constructeurs qui ont imaginé et construit nos voitures d’hier et d’aujourd’hui en collaboration proactive avec les équipementiers ;
  • au monde du Ā (non A) celui des véhicules autonomes, avec une redistribution de la chaîne de valeur, où les leaders de demain seront ceux qui auront réussi les bonnes alliances.

Pour commencer, il faut garantir la sécurité des personnes : construire une autorité de régulation à l’instar de l’ICAO (International Civil Aviation Organization) en aéronautique. Il faut alors coordonner les différentes normes de développement des systèmes de contrôle des véhicules, des systèmes de guidage aériens, des infrastructures et balisages terrestres (que l’on nomme « voirie intelligente ») et du développement certifié des systèmes de contrôle. Le premier accident mortel à Tempe (Arizona) nous rappelle que la régulation et la stricte discipline des acteurs sont indispensables pour l’utilisation en toute sécurité des véhicules autonomes.

« Outre les constructeurs et les équipementiers de rang 1, les Tech Players – Google, Apple, Samsung ou encore UBER – s’invitent sur le marché de l’industrie automobile autonome et provoquent déjà la remise à plat de la chaîne de valeur » – Guy Maugis

Guy Maugis, précédemment Président de Robert Bosch France et conseiller du Directoire du groupe Bosch, nous donnait sa vision lors de la conférence Delville Management de mars 2018 : « Les Tech Players – comme par exemple Google, Apple, Samsung ou encore UBER – s’invitent sur le marché de l’industrie automobile autonome et provoquent déjà la remise à plat de la chaîne de valeur. En ce début 2018, nous vivons une intensification sans précédent des négociations entre les acteurs du marché ». Les nouveaux entrants investissent massivement pour devenir des partenaires incontournables. Les constructeurs et les équipementiers de rang 1 vont devoir composer avec eux en partageant la Valeur Ajoutée produite, mais aussi les enjeux relatifs à la sûreté et à la responsabilité civile.

Dans ce contexte extrêmement mouvant, des tendances fortes se dessinent en termes d’outils et de métiers :

    • Intensification de l’utilisation des maquettes numériques de type 3D experience, en concurrent engineering ;
    • Développement d’un nouveau standard pour le système de contrôle de véhicule (cadrage des contextes et des algorithmes de régulation) avec de nouvelles normes de certification non encore établies ;
    • Développement en full PLM (Product Life Management) des véhicules, y compris lors des opérations de maintenance avec d’inévitables tensions sur les métiers de la Supply Chain que nous ressentons déjà ;

 

  • Développement de domaines juridiques et assurantiels spécifiques pour faire face aux nouvelles réalités de la co-responsabilité civile ;
  • Intensification des opérations de fusion acquisition dans l’inévitable recomposition du secteur des équipementiers ;
  • Mutation majeure des sites industriels avec la chute de la production de diesel et la montée en puissance des véhicules électriques ;
  • Apparition de nouveaux métiers et compétences, remettant en cause près de 50% des emplois dans les 10 prochaines années ;
  • Intégration des nouvelles générations d’ingénieurs et mise en place d’un mode de fonctionnement start-up au sein des grands constructeurs et équipementiers, pour imaginer et intégrer les innovations de demain.

 

Lors de ces mutations, pour assurer la viabilité des organisations sans compromettre la production, les entreprises ont recours à des équipes à géométrie variable. Cela leur permet d’être agiles : accéder aux compétences ajustées à leurs enjeux structurels, au moment précis où elles en ont besoin, tout en conservant leurs ressources internes pour assurer le fonctionnement de l’entreprise au quotidien. Ainsi, le management de transition devient un moyen efficace d’appréhender et sécuriser ces phases de mutation.

 

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