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News du Club

Delville Management, acteur de référence du management de transition, réunit ses partenaires

Le 29 septembre s’est tenu le 5ème petit déjeuner du Club Delville. A cette occasion, Patrick Buffet, membre du Club, est intervenu pour démontrer que la vision stratégique est un formidable moteur de redressement.

Le jeudi 29 septembre 2011 s’est tenu le cinquième petit déjeuner du Club Delville, lui permettant ainsi de fêter sa première année d’existence.

Le grand moment de ce rassemblement fut bien sûr l’intervention d’un membre du Club, Patrick Buffet, pour y développer le thème de «la vision stratégique». L’actuel coach, également directeur délégué chez Visconti, y a démontré sa conviction que la vision stratégique est un formidable moteur de redressement. Et c’est avec calme qu’il prévient ses auditeurs sur sa tendance iconoclaste, et de la supposée incongruité de ses propos.

Quand il conviendrait de baisser les coûts de 10-12%, Patrick Buffet les réduit de 25% pour se donner les moyens d’investir.

Lors du redressement d’une entreprise, Patrick Buffet part d’un postulat simple mais trop peu répandu selon lui. «On passe plus de temps à se focaliser sur les employés qui vont partir de l’entreprise», plutôt que sur ceux qui en incarnent son avenir.

A partir de là, Patrick Buffet dépoussière le système. Tant dans les habitudes des managers de transition que dans l’entreprise en elle-même. Au lieu d’essayer de se rapprocher par le bas du niveau de réduction des coûts voulu par la direction, Patrick s’en éloigne par le haut : une nécessité désagréable qui lui donne les moyens d’investir. C’est ainsi que chez Invensys, l’exemple pour sa présentation, quand il conviendrait de baisser les coûts de 10-12%, Patrick les réduit de 25%. Branle-bas de combat, la structure est décloisonnée. Alors que d’autres managers craignent tout bruit dans la presse, il prôna alors une médiatisation –anglo-saxonne– à l’échelle nationale. Mais pourquoi ? Pourquoi donc cet iconoclaste qui, dans le meilleur des cas laisse ses collaborateurs sceptiques, et au pire est pris «pour fou», ne veut-il pas suivre ce que tout le monde fait? «Il faut donner le goût du risque. Il n’y a pas de récompenses sans prises de risques.» Pourtant, Patrick Buffet développe cette idée à partir de la plus classique des théories.

Adepte de la théorie du changement de Porter, il s’évertue à instaurer le sentiment d’urgence au sein d’une entreprise qui, dans le cas d’Invensys, a vu la valeur de son action chuter de 5,83 £ à 0,17 £ en quelques mois seulement. Il attire les médias pour faire prendre conscience que «la maison brûle». De toute façon, leurs plus gros clients -et leurs meilleurs employés- sont déjà partis vers de plus clairs horizons.

Prévoir la situation de l’entreprise dans 10 ans est impossible, alors autant l’inventer

Bouleversée, l’entreprise possède maintenant les conditions qui lui permettront de «changer sa manière de vivre. Ce n’est pas avec une coupe de 12% des coûts qu’on la change en profondeur. Il faut simplifier l’organisation : supprimer la rigidité, héritage de l’histoire. Elle est incompatible avec une situation de crise. De plus, le middle management déforme le message qui vient d’en haut pour gagner l’adhésion de leurs employés. Or on a besoin d’impliquer beaucoup de monde.»

C’est en s’appuyant sur un article de journal datant de 1833 qu’il affirme que prédire le futur est impossible, et qu’il l’a toujours été. Parce que tout change trop vite, «il faut donc l’inventer». Prévoir l’entreprise dans 10 ans est impossible, alors autant imaginer celle de ses rêves pour la prochaine décennie. Autrement dit, donner une vision stratégique. Et de surcroît renforcer le sentiment d’urgence. Même si on n’atteindra jamais cette illusion, les employés retrouvent de ce fait un objectif. Cet objectif, ils le construisent au jour le jour grâce à leur adhésion au projet, bâti de leurs propres mains, et à la sueur de leur front. En effet, comme pour ces enfants pour lesquels on les presse d’investir leurs efforts à l’école pour récolter les fruits de leur travail plus tard, c’est lors des 2 premières années que le redressement des 5 futures se joue.

Tout au long de sa présentation, Patrick Buffet n’avance pratiquement pas l’analyse de l’entreprise par des données chiffrées classiques. Il met seulement en avant l’étude du blacklog/CA annuel, en le comparant au cycle de vente «qui permet de montrer les difficultés, même si le chiffre d’affaires augmente» ; ou la crédibilité de fonctionnement de l’entreprise en s’assurant que le cash flow soit supérieur à 100% du profit. Le but de Patrick Buffet n’est pas d’accoucher d’un résultat, mais d’une dynamique d’entreprise. L’essentiel n’est pas tant dans les résultats quantitatifs que qualitatifs. Parce qu’au final, c’est en tentant de se rapprocher de la courbe de croissance de la société de leurs rêves, que les employés dépasseront celle attendue par les actionnaires, et redresseront ainsi leur propre entreprise.

jeudi 29 septembre 2011 du Club Delville.
Lieu : Hôtel Cheverny
Clément Vérité