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Témoignage client

Management de transition et fonds d’investissement

Témoignages Delville Management de Transition

Régis Lamarche, spécialiste des fonds d’investissement, nous explique les relations entre le management de transition et un fonds d’investissement, notamment lorsqu’il faut gérer une situation de crise. [Pour en savoir plus sur Régis Lamarche]

Comment un fonds d’investissement gère-t-il une situation de crise ?

Dès l’identification d’une situation anormale et non maitrisée (baisse des performances par rapport au business plan initial, tant financières qu’opérationnelles, crise aigüe de trésorerie, perte de contrôle de certains départements de l’entreprise, crise de management ou situation humaine d’inconfort au niveau de l’équipe de direction), les fonds d’investissement interviennent généralement en plusieurs étapes.

Dans un premier temps est réalisé rapidement un diagnostic de la situation financière et de la trésorerie de la société. L’objectif immédiat est d’estimer la trésorerie, et donc le temps, qu’il reste pour définir un plan d’actions correctif et l’implémenter. Ensuite, il convient de définir précisément ce plan d’actions, ce qui peut nécessiter la réalisation de diagnostics opérationnels, stratégiques et humains. Il faut alors mettre en œuvre ce plan, en assistant et renforçant le management en place quand cela est nécessaire. C’est à chacune de ces étapes que les managers de transition peuvent intervenir.

Lorsqu’une entreprise est en crise, les valeurs ne sont-elles pas rapidement dissolues ? Quelles valeurs peut-on maintenir ?

Une situation de crise se traduit généralement par une crise de trésorerie, ce qui génère des tensions évidentes dans toute l’entreprise. Les salariés et les équipes de management sont soumis à de fortes pressions, stressés et potentiellement déstabilisés. L’entreprise peut être sous-performante pour de multiples raisons ; mais dans tous les cas on constate une désorganisation et de forts dysfonctionnements. Dans le cadre de sa mission, le manager de transition doit suppléer cette atmosphère de crise et de perte de confiance par un retour aux fondamentaux de l’entreprise en s’appuyant sur ses valeurs historiques. L’objectif est souvent de sauver l’entreprise, ce qui ne pourra se faire qu’avec l’aide des salariés qui se mobiliseront autour d’un projet. C’est souvent en oubliant leurs fondamentaux que les entreprises ne savent pas anticiper et faire face aux crises ; et c’est en les retrouvant qu’elles peuvent renouer avec le succès. Les salariés sont alors très conscients de fournir des efforts pour retrouver ces valeurs et sont même moteurs dans la mise en place des plans d’actions.

« C’est en retrouvant ses fondamentaux qu’une entreprise peut renouer avec le succès »

Avez-vous déjà eu recours à du management de transition ?

Oui bien sûr. Certaines participations de 21 Central Partners ont dû faire face à des situations de sous-performance ou des situations de crise. Nous avons alors souhaité avoir un diagnostic financier très précis en une quinzaine de jours pour ensuite mettre en place un plan d’actions avec le management en place. Dans certains cas, la mise en place de ce plan a nécessité le support de managers de transition. Ce processus n’est pas une décision unilatérale d’actionnaires : pour que cela fonctionne, il faut que cette décision soit assumée par l’ensemble de l’entreprise.

Comment gérez-vous les relations avec le manager de transition ?

Elles sont assez claires. Les fonds d’investissement ont besoin de liens très directs et réguliers avec leurs managers, qui plus est en période de difficultés. La situation de crise nécessite une réactivité totale. Le véritable enjeu pour un actionnaire est d’être rapidement informé de la situation de l’entreprise et des anticipations possibles pour mettre en place les solutions les mieux adaptées.

Quelles sont les qualités recherchées d’un manager de transition?

Les principales qualités recherchées pour un manager de transition sont les mêmes que pour tout manager : la transparence, la confiance, la loyauté et le professionnalisme, avec un sens développé de l’anticipation et une forte culture du cash. Ces managers de transition doivent être des personnes pragmatiques ayant une expérience opérationnelle concrète. Il faut aussi avoir de grandes qualités humaines de manager pour fédérer les équipes en place autour d’un nouveau projet d’entreprise.

Quelles relations pourriez-vous créer entre un fonds d’investissement et un cabinet de management de transition ?

Il existe une relation fondamentale qui repose sur la confiance et la transparence. Le manager de transition sera un vrai lien entre le fonds d’investissement et le management en place – ce dernier ne devant pas vivre l’arrivée du manager de transition comme une menace, mais comme un support apte à apporter des ressources et des compétences complémentaires et ponctuelles pour répondre à des interrogations sur la situation de l’entreprise et permettre la définition et la mise en place du plan d’actions. Il faut dès lors pour ce manager de transition des qualités humaines importantes pour ne pas ajouter à une crise opérationnelle une crise de management, conséquence d’une défiance entre le management et l’actionnaire.

La conjoncture économique obscurcit-elle l’investissement ?

Pas tant que cela. Il est vrai que les opérations de levées de fonds ou de cession se raréfient, les dirigeants préférant attendre d’avoir une plus grande visibilité et plus de sérénité pour mettre en vente leur société ou en ouvrir le capital. Dans le contexte actuel, il demeure quand même des secteurs affichant de bonnes perspectives de croissance. Ainsi ceux de la santé, des services aux personnes ou les SSII offrent de bonnes opportunités d’investissement. Par ailleurs, dans un environnement chahuté comme celui que nous connaissons aujourd’hui, il peut être intéressant de supporter des stratégies de développement visant à consolider certains secteurs par des opérations de croissance externe. Enfin, investir dans une société intervenant uniquement sur son marché domestique français offrira moins de visibilité que financer la croissance d’une entreprise déjà présente à l’internationale. Il y a donc encore de belles opportunités d’investissement pour les fonds qui savent s’adapter. Et en tout état de cause, la prise de risque prise par un fonds liée à un manque de visibilité sur les cinq prochaines années pourra toujours être compensée par une valorisation moindre à l’entrée.

Comment avez-vous connu Delville Management ?

C’est le hasard des rencontres. Un premier contact s’est établi avec Patrick Abadie. Cela s’est très bien passé et a fait que nous avons eu envie de croiser régulièrement nos chemins.

Pourquoi avez-vous intégré le Club Delville ?

 

L’environnement de PME est avant tout une histoire d’hommes et de femmes. Quand vous rencontrez des personnes qui défendent les mêmes valeurs et ont la même approche de la gestion d’une entreprise et de ses collaborateurs, vous vous dites que c’est un bon lieu d’échanges. Aujourd’hui, il est utile de partager les retours d’expérience. Celles-ci sont très différentes, mais tous les membres ont le souci de les partager. C’est pourquoi il est gratifiant et enrichissant d’être dans le Club Delville.

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