Contactez-nous
partage
Evènements

Marc Lièvremont, du Rugby vers l’Entreprise

Marc Lievremont au petit déjeuner du Club Delville

Marc Lièvremont, ancien sélectionneur et entraîneur de l’équipe de France de Rugby (2008-2011), vice-championne du monde en 2011, est intervenu le mercredi 27 mars 2013 pour le petit-déjeuner du Club Delville.

Ancien joueur de Perpignan, du Stade Français et de Biarritz, international tricolore (25 sélections, 5 essais), Marc Lièvremont, 45 ans, s’est fait connaître du grand public en présidant aux destinées du XV de France de 2007 à 2011, avec, à son actif, un grand chelem en 2010 et, surtout, un titre de vice-champion du monde décroché en 2011 face aux ogres All Blacks. « Ce profil de manager, de meneur d’hommes, qui sait diriger dans des contextes d’incertitudes et de complexité nous a donné envie d’inviter Marc à l’occasion de l’un des petits déjeuners du Club Delville », soulignait Anthony Baron, Associé et co-fondateur du cabinet Delville Management, en introduisant le rendez-vous trimestriel du Club, ce mercredi 27 mars 2013. La feuille de route de cette matinée, pour l’ancien troisième ligne aile, frère aîné d’une tribu de 8 enfants (dont 7 garçons) tous rugbymen, et familier de la problématique entrepreneuriale (cf, son restaurant « Le Bar de la Côte » à Biarritz ouvert avec son frère Thomas) était claire : dresser des analogies entre l’univers de l’entreprise et celui du rugby. « Chez Delville, dans le management de transition, cela ressemble à une mêlée fermée. On place le ballon (le développement du cabinet) dans la mêlée et on fait pousser l’ensemble de nos managers pour aplatir le ballon derrière la ligne », métaphorisait, avec humour, Anthony Baron. En guise d’introduction à cette « dissertation », Marc Lièvremont souhaita rendre hommage à Jean-Pierre Rives, ancien capitaine emblématique de l’équipe de France de rugby, surnommé « casque d’or », selon qui, « au rugby, le ballon est un prétexte. L’essentiel ce sont les hommes ». « Difficile de trouver un parallèle plus signifiant », pointait Marc Lièvremont. A l’instar d’une équipe de rugby, l’entreprise est un projet collectif, qui doit compter sur la complémentarité des éléments qui la composent et qui a un devoir de conquête (de nouveaux marchés / le terrain de l’adversaire). Même obligation de se fixer des objectifs à court et à moyen terme pour progresser, vers la concrétisation (l’essai) « Il faut avancer ensemble et éviter de se retrouver hors jeu. D’où l’intérêt de ne pas rester inactif et donc se replacer rapidement lorsqu’équipe/entreprise adverse vous piège. Ce qui veut dire que chacun dans l’entreprise doit se mobiliser, ne pas rester dans un état de passivité lorsque les difficultés surgissent », expliquait Marc Lièvremont. Collective par essence, la démarche de l’équipe de rugby ne peut se concevoir que de manière ordonnée (cf, l’organigramme dans l’entreprise) avec des rôles bien répartis (la charnière de l’équipe de rugby figurant les chefs de projet, les ailiers ou les trois quarts centre représentant les commerciaux qui décrochent les contrats).

« au rugby, le ballon est un prétexte. L’essentiel ce sont les hommes »

En rugby, comme dans l’entreprise, la notion de leadership est cruciale : « le manager, le capitaine et l’entraîneur doivent mettre tout en œuvre pour motiver, soutenir, faire confiance à leurs troupes. Je demandais à mes capitaines d’équipe de pousser leurs joueurs à entreprendre des actions difficiles, à prendre des risques. Bien entendu, l’exemplarité des leaders doit être irréprochable », expliquait Marc Lièvremont. Autre point commun entre les deux univers : la nécessité de faire preuve d’intelligence situationnelle, autrement dit s’adapter en permanence, à la situation, aux circonstances, en trouvant des solutions innovantes ou alternatives : jeu groupé ou jeu déployé, jeu au pied,…. Autre analogie particulièrement féconde, notamment en période de crise : la défense collective. « En période de crise, on est tenté de succomber à l’individualisme, à la facilité, au repli sur soi, alors, qu’à l’inverse, il faut davantage se parler, communiquer, parler d’une seule voix », note Marc Lièvremont. Enfin, comment ne pas évoquer ce que les amoureux du ballon ovale aiment mettre en avant pour souligner la spécificité de ce sport, c’est-à-dire ses valeurs. « Dans le rugby comme dans l’entreprise, tout le monde, quel que soit son profil doit pouvoir trouver sa place. Les dirigeants ou les leaders doivent, par ailleurs, cultiver les valeurs de courage, de combativité et, surtout le sentiment d’appartenance (au maillot, au projet de l’entreprise), sans oublier la convivialité. Après l’effort, il faut savoir faire la fête, à l’image de nos fameuses troisièmes mi-temps ».

Eric Delon.