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Petit déjeuner du Club Delville: « l’éloge de la transformation » avec Didier Casas, Secrétaire Général et Porte-parole de Bouygues Telecom

Petit déjeuner du Club Delville: « l’éloge de la transformation » avec Didier Casas, Secrétaire Général et Porte-parole de Bouygues Telecom

Delville Management, cabinet de management de transition premium, a reçu mercredi 2 décembre 2015 au petit déjeuner du Club Delville en présence de Didier Casas, Secrétaire Général et Porte-parole de Bouygues Telecom. Il a, à cette occasion, abordé le sujet de l’éloge de la transformation. Découvrez le compte rendu de cet événement ci-dessous. 

Eloge de la transformation

Pour son dernier petit-déjeuner de l’année 2015, le Club Delville avait invité Didier Casas, Secrétaire Général et Porte-Parole de Bouygues Telecom, l’un des quatre opérateurs français. Le thème de son intervention ? Les conséquences, pour son entreprise, de l’arrivée de Free Mobile dans un marché de la téléphonie mobile jusqu’alors «concurrentiel mais plutôt calme ».
Contrairement à certaines idées reçues, rappelle également Didier Casas, le marché hexagonal des télécoms ressemble à tout sauf au Far West. «Il s’agit, en fait, d’une sorte de jardin clos, un marché dont de nombreux aspects sont régulés, comme le nombre d’acteurs, fixé par l’administration, ou le prix des matières premières (les minutes échangées par les opérateurs) ».

2012, l’arrivée de Free

L’arrivée de la filiale d’Iliad en 2012 sur le marché des télécoms a provoqué un séisme se traduisant par une chute brutale des revenus des acteurs « historiques ». «Le chiffre d’affaires du marché a plongé de 12 % entre 2010 et 2014 et celui de Bouygues Telecom de 20 %, alors que, dans le même temps, notre EBITDA (1) dévissait 49 %. Parallèlement, celui de Free a bondi de 60 % ». Selon Didier Casas, le succès de Free s’est bâti sur un modèle économique en rupture : extrême simplicité de l’offre (2 forfaits seulement, dont une à 2 euros), maitrise des coûts (pas ou peu de boutiques, centres d’appels délocalisés) et convergence entre le téléphone fixe et le téléphone mobile, ce dernier servant de « produit d’appel » pour les box internet, dont la marge est bien supérieure. Free a également bénéficié d’un véritable « coup de pouce » réglementaire avec la possibilité de louer le réseau télécom d’Orange le temps de construire le sien, avantage dont Bouygues Telecom n’a pas bénéficié lors de son lancement.
Résultat de tout cela ? Free a conquis 10 millions de clients en 4 ans, mais le marché des télécoms a souffert. Or, pour Didier Casas, la baisse des revenus des opérateurs de téléphonie mobile constitue un véritable danger puisqu’elle a entraîné une baisse de leurs investissements (7 %) alors même qu’ils sont chargés de bâtir les réseaux télécoms d’avenir comme la 4G (et, demain, la 5G) ou la fibre optique. Or le pays a besoin de ces infrastructures, sur lesquels se baseront des services essentiels comme la télémédecine ou les véhicules autonomes, et qui sont donc un élément essentiel de sa compétitivité à l’ère de la transformation numérique.

La transformation de Bouygues Telecom

« Mobilis in mobile » : rester mobile dans un monde qui change, telle aurait pu être la devise de Bouygues Telecom pour s’adapter à ce bouleversement du secteur télécom. En effet, l’entreprise a rapidement su adopter un plan de transformation très énergique avec, en premier lieu, un plan d’économies de 300 M d’euros par an, qui s’est traduit par 2 plans de départs volontaires. Par ailleurs, Bouygues Telecom a simplifié son organisation et « aplati » ses organigrammes, revu son fonctionnement et ses modes de commercialisation et, enfin, diminué drastiquement son offre commerciale, ce qui lui a également permis de simplifier son système d’information.

« Par ailleurs, nous avons innové dans le fixe, avec une offensive technologique, Miami, la première box internet tournant sous Android, et une offensive tarifaire tout aussi spectaculaire puisque nos forfaits haut-débits sont accessibles à partir de 20 euros par mois, soit 15 de moins que la concurrence. Nos efforts ont été payants et nous sommes en bonne voie pour réussir notre objectif dans le fixe : recruter un million de clients supplémentaires d’ici fin 2017 ». Aujourd’hui, pour la première fois depuis 2012, le chiffre d’affaires de Bouygues Telecom est reparti à la hausse. « Dans le fixe, nous gagnons environ 100 000 clients par trimestre, et près de 100 000 dans le mobile ».
Pour réussir cette transformation, Didier Casas rappelle d’abord l’importance de la confiance dont l’entreprise a bénéficié de la part de son actionnaire, le groupe Bouygues, qui a refusé de céder sa filiale à Altice et croît pleinement à son avenir et à sa capacité à se développer.
Par ailleurs, Didier Casas rappelle tout ce que la réussite des chantiers de transformation de l’entreprise ces trois dernières années doit à l’engagement des collaborateurs et à la qualité du dialogue social.
«Notre marché est particulièrement difficile et concurrentiel mais nous sommes désormais parfaitement organisés et motivés pour faire face à la révolution permanente que représente le secteur des télécoms».

(1) EBITDA : bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement.

Eric Delon

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