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Compte rendu du petit-déjeuner du Club Delville avec Guy Maugis

Compte rendu du petit-déjeuner du Club Delville avec Guy Maugis

La révolution est en route

Freinage automatique d’urgence, aide au stationnement, alerte en cas de dépassement d’une ligne blanche… Les constructeurs et équipementiers automobiles se sont fixé pour objectif de donner naissance à un véhicule 100% autonome, électrique et connecté. L’exemple de Bosch est parlant : avec plus 7 milliards d’euros consacrés à la R&D et 4 000 brevets déposés chaque année, dont 1 000 spécifiquement dans le domaine de l’électrique, le groupe est à la pointe en matière d’innovations incrémentales. Guy Maugis nous explique comment le véhicule autonome révolutionne le secteur automobile.

Le véhicule autonome est déjà une réalité

Le véhicule du futur existe déjà, avec plusieurs degrés d’autonomie, adaptés à différents usages et environnements. L’automated valet parking est ainsi capable de garer une voiture de façon totalement autonome et sécurisée dans un environnement protégé, en l’occurrence un parking équipé de balises et de bornes. Très prochainement, les navettes autonomes feront partie intégrante du paysage urbain : elles seront en mesure de réaliser des trajets simples, grâce à une cartographie intégrée dans les véhicules. Un opérateur physique supervisera les trajets et pourra, si besoin, reprendre la main au moyen d’un joystick. Enfin, à l’horizon 2025, la conduite totalement autonome sur route ou dans une circulation dense sera rendue possible par l’intelligence artificielle embarquée dans les voitures qui collectera, analysera et interprétera de très nombreuses données simultanément.

S’allier pour mieux maîtriser la technologie

Le développement de véhicules autonomes oblige les constructeurs automobiles à se doter de cartographies, d’où la création d’alliances entre certains acteurs et Google Map par exemple. La plateforme Here permet de géolocaliser les véhicules en collectant directement leurs données de position de façon extrêmement précise : leur vitesse exacte est ainsi transmise directement par le compteur. De plus, la cartographie est améliorée en temps réel grâce à des caméras de reconnaissance des panneaux de signalisation.

Et ce n’est qu’un début, puisque d’ici 6 mois, capteurs et softwares permettront de comptabiliser le nombre de places de stationnement dans une rue et d’analyser s’il s’agit bien d’emplacements disponibles et non d’entrées de garage ou de places réservées. Les informations récoltées seront envoyées vers un Cloud qui fera bénéficier les conducteurs d’une aide au parking automatique. « La question aujourd’hui est de savoir si les usagers sont prêts à payer ce service et qui est en mesure de le monétiser ».

En matière d’innovation, certains constructeurs semblent aller plus vite que d’autres. Pour Guy Maugis, l’explication réside dans le fait que « les start up disposent d’un avantage concurrentiel puisqu’elles n’ont pas les mêmes contraintes d’image et de financement que les constructeurs traditionnels. Elles peuvent donc prendre le risque de mettre sur le marché des technologies qui ne sont pas parfaitement abouties, ce que les constructeurs installés ne peuvent se permettre ».

La sécurité en question

Si la grande force des start up est d’être disruptives, il leur arrive de s’affranchir de certains aspects sécuritaires. Ainsi, « Tesla a pris le risque d’équiper ses voitures de logiciels nécessitant des mises à jour au fil de l’eau pour résoudre les bugs. A contrario, les constructeurs historiques ont toujours refusé, à tort ou à raison, de rendre leurs contrôles moteur perméables ».

Avec l’avènement du véhicule sans chauffeur se pose évidemment le problème de la responsabilité en cas d’accident. Le sujet est d’actualité suite au premier décès impliquant un véhicule autonome Uber. L’emballement médiatique autour de ce fait divers prouve que la sécurité est une promesse essentielle du véhicule autonome.

« Les statistiques nous montrent que dans 3 accidents frontaux sur 4, l’accident aurait pu être évité. La probabilité atteint 99,99% avec un véhicule autonome. » nous indique Guy Maugis. Il poursuit :
« nous parcourons en moyenne 100 millions de kilomètres sur route entre 2 accidents mortels et 10 millions entre 2 accidents causant des dommages physiques. Or, Google qui a réalisé le plus d’essais de véhicules autonomes, n’a parcouru que 5 millions de kilomètres réels ».  Il apparaît donc primordial de poursuivre l’expérimentation avant de pouvoir homologuer ces nouvelles technologies et il faudra du temps pour aboutir à un consensus au niveau mondial et faire évoluer la législation.