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Compte-rendu du petit déjeuner des managers de transition du Club Delville avec Pascal Roché

Compte-rendu du petit déjeuner des managers de transition du Club Delville avec Pascal Roché

Avant la pause estivale bien méritée, Delville management, cabinet de management de transition premium, avait choisi, pour son petit-déjeuner trimestriel du Club Delville des managers de transition, d’accueillir Pascal Roché, Directeur Général de la Générale de Santé, 1er groupe français d’hospitalisation privée (19 000 salariés, 115 établissements, 13000 lits, 5000 praticiens).  

L’occasion était propice pour se pencher sur le système de santé français, considéré, à juste titre, par les experts comme l’un des plus performants au monde mais objet de nombreuses critiques en raison de son coût jugé exorbitant et par une efficacité considérée comme notoirement insuffisante. Diplômé d’HEC, Pascal Roché a occupé de nombreux postes à responsabilité avant de prendre la direction de la Générale de Santé en 2011. Successivement conseil en stratégie puis Directeur Général Adjoint d’AXA France (membre du comité exécutif), il fut pendant plusieurs années, PDG (France et Espagne) de la Barclays Bank. 

12,5% du PIB

«En France, a rappelé Pascal Roché dans son introduction, les dépenses de santé représentent 12,5% du PIB, soit 250 milliards d’euros par an. C’est le ratio le plus élevé au monde après les Etats-Unis ». Par ailleurs, 9 millions de français sont atteints de maladies dites chroniques (au nombre de 28), remboursées à 100% par la sécurité sociale. Autrement dit, les 15% des français concernés par ces maladies chroniques dépensent 2/3 des dépenses de santé nationales. «En France, les dépenses de santé vont continuer à croître, en raison notamment de la prise en charge, légitime, des maladies chroniques, qui nécessitent l’intervention de différents acteurs de santé. D’où ce coût élevé » explique Pascal Roché. S’agissant des remboursements des soins, 75% de ces derniers sont pris en charge par la Sécurité Sociale, 9% le sont par les patients (le reste à charge), le reliquat étant assumé en compte par les mutuelles et autres assurances complémentaires. Selon Pascal Roché, l’augmentation exponentielle des dépenses de santé devrait inciter les gouvernements, quelles que soient leurs couleurs politiques, à profondément réformer le système. «Ce qui n’est pas le cas », regrette-il. Si Pascal Roché considère qu’il est légitime de continuer à rembourser à 100% les patients atteints de maladies chroniques, il estime qu’un effort devrait être demandé aux assurés sociaux s’agissant, par exemple, des soins dentaires ou l’optique.

Un système français moins performant que ses voisins

«Contrairement à certaines idées reçues, le système de santé français est loin d’être un modèle, prévient Pascal Roché. Il perd du terrain par rapport à ses concurrents. La France n’est en effet classée que 13ème en Europe en terme de mortalité infantile et 15ème en terme de mortalité avant 65 ans. Ces chiffres sont particulièrement inquiétants». Selon Pascal Roché, l’une des causes (multiples) de la dégradation du système de santé hexagonal provient d’une non évaluation dudit système. «Il existe 200 000 médecins en France et seulement 6 d’entre eux sont radiés par l’Ordre des Médecins chaque année. A qui peut-on faire croire que seuls 6 médecins sont défaillants, chaque année ? De même il faut attendre le verdict de 2 journalistes d’un célèbre hebdomadaire pour connaître le classement des 2000 hôpitaux français. L’Etat ne peut-il pas s’occuper de cette évaluation ? ». Selon Pascal Roché, l’une des principales injustices du système concerne les délais anormalement élevés pour obtenir un rendez vous chez un spécialiste « Il faut attendre 108 jours pour obtenir un rendez vous chez un ophtalmo à Paris. C’est encore bien pire en province. En revanche, certains privilégiés peuvent obtenir des rendez-vous facilement, en un coup de téléphone. Où est l’égalité face au soin ? », s’insurge Pascal Roché qui souligne la faible efficacité du système public de santé, par rapport au secteur privé.

L’efficacité du secteur privé

«Dans le secteur concurrentiel, nous réalisons 34% de l’activité médicale en France pour seulement 17% des coûts ». Selon Pascal Roché, il faut rationnaliser le système. « Il existe 20% d’hôpitaux en trop en France explique-t-il. La nécessaire restructuration de l’hôpital public se heurte à un certain nombre de freins, dont le fait que chaque maire de grande ville est également président du conseil d’administration du CHU de cette dernière, qui est bien souvent le premier employeur de la ville. Comment dans ces conditions, peut-il avoir les coudées franches pour soutenir des démarches de rationalisation ? ». Les pesanteurs et l’inertie du système de santé français doivent-ils inciter à un pessimisme foncier ? «Pas du tout, souligne Pascal Roché. Les progrès de la médecine sont fantastiques et permettent de vivre plus longtemps et en bonne santé, grâce au progrès phénoménal des diagnostics, à la personnalisation des traitements ou encore à la médecine à distance, malheureusement encore insuffisamment développée dans notre pays. La connaissance médicale double tous les 4 ans ». A l’instar de la gouvernance et de la stratégie d’entreprise qu’il a mise en place à la Générale de Santé (introduction d’une Direction Marketing, d’indicateurs de satisfaction), Pascal Roché estime qu’il faut placer le patient/client au centre du système de santé. «Celui-ci est de plus en plus exigeant, à juste titre, il a soif de connaissances sur sa santé et n’hésite pas à chercher lui-même des informations sur internet. A nous de répondre au mieux à ses interrogations, grâce, notamment, à une qualité de service irréprochable ».

Eric Delon