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Compte-rendu – webinaire Delville Management – 8 juillet 2021

Les entreprises agroalimentaires ont rebondi en se réinventant

Le webinaire du 8 juillet 2021 proposé par Delville Management recevait Sébastien Graff, DRH du groupe InVivo, Union nationale de coopératives agricoles, et Laurent Plantier, fondateur de FrenchFood Capital. Ils répondaient aux questions de Jean-Yves Marrec, directeur de mission chez Delville Management, sur les conséquences de la crise Covid dans les entreprises agroalimentaires.

Le secteur de l’agroalimentaire a su rebondir après les premiers mois de la crise Covid en répondant à l’évolution de la demande. Lors du premier confinement, Class’Croute, dont FrenchFood Capital est actionnaire, est resté à l’arrêt pendant deux mois. Puis l’entreprise s’est adaptée pour revenir à 80 % de son chiffre d’affaires fin 2020, grâce à une modification de l’offre de service. Chez Terroirs d’Avenir la perte d’activité de livraison à la restauration a presque été compensée par l’augmentation des ventes en boutique, qui ont profité de l’approche qualitative et par circuits courts.

Une nouvelle clientèle dans les jardineries

Sébastien Graff a lui constaté l’évolution du comportement des consommateurs comme celui de ses propres salariés. « Chez Gamm Vert, Jardiland et Delbard, nous avons vu un renouvellement complet de la clientèle, explique-t-il. Nous avions une clientèle plutôt mature et nous avons vu l’arrivée de 400 000 clients plus jeunes, qui sont devenus des clients récurrents. » Les magasins ont connu une augmentation de la fréquentation de 10 % à 30 %, car ils sont devenus de lieux d’agrément. Les employés d’InVivo ont eux aspiré à de nouveaux modes de fonctionnement. « Nous avons par exemple mis en place une journée à horaires décalés », explique Sébastien Graff. Dans le même temps, la numérisation de l’entreprise a été accélérée, « mais il faut trouver le juste équilibre », insiste-t-il.

La recherche de la qualité va perdurer

Laurent Plantier souligne la fidélité des consommateurs envers leurs distributeurs, mais avec une modification des habitudes d’achat et une multiplication des canaux de distribution. Dans la boulangerie et les produits alimentaires la vente à emporter et la livraison à domicile ont beaucoup augmenté, et à Paris la livraison ultra-rapide a rencontré le succès. « Nous avons fait une expérience sur Terroirs d’Avenir, en une heure nous avions atteint le quota que nous nous étions fixé, reconnaît Laurent Plantier. Mais cela ne signifie pas que nous allons entrer dans « le monde d’après ». En revanche, certaines tendances de fond vont perdurer, comme la recherche de la qualité dans l’alimentation, la demande de transparence, la consommation responsable, la croissance des circuits courts. »

La souveraineté alimentaire n’est plus oubliée

« Les dirigeants que nous sommes ont aussi modestement la capacité à faire les tendances », affirme Sébastien Graff. L’organisation interne d’InVivo a été reconfigurée pour préparer le lendemain de crise et ses équipes travaillent de manière radicalement différente aujourd’hui. Sur la partie agricole, la souveraineté alimentaire est devenue une vraie question et c’est une grande évolution. « J’ai eu à des échanges très fructueux avec les pouvoirs publics, y compris au plus niveau de l’État, sur cette question de souveraineté qui avait été un peu oubliée », confie-t-il.

Les céréales à bas impact carbone vendues à la tonne rencontrent des marchés, y compris à l’export. « Nous plaidons pour que ce type de production agricole, aujourd’hui moyenné dans un univers mondial de trading, soit dentifié sur le marché et pourquoi pas coté sur des places boursières. » L’appétence pour les produits alimentaires de qualité se heurte elle à l’augmentation de prix du panier moyen. Mais il est possible de faire évoluer de façon vertueuse les produits plus standards, qui s’adressent à une autre tranche de la population.