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Compte-rendu du petit déjeuner du Club Delville avec Jacques Séguéla, spécialiste du management de transition

Compte-rendu du petit déjeuner du Club Delville avec Jacques Séguéla, spécialiste du management de transition

« Il y a mille et une raison d’espérer, demain nous appartient » indique Jacques Séguéla devant les membres du Club Delville, spécialistes du management de transition

Delville Management, cabinet de management de transition premium, a reçu Jacques Séguéla au petit-déjeuner du Club Delville sur la thématique « Il y a mille et une raison d’espérer, demain nous appartient. »

Publicitaire renommé, à l’origine de spots et de slogans restés célèbres, Jacques Séguéla était l’invité du petit-déjeuner de rentrée du Club Delville. Le créateur de l’agence Euro-RSCG dans les années 1970 est un entrepreneur à succès : l’agence, rebaptisée Havas, présente aujourd’hui dans 75 pays, est aussi la plus primée au monde. L’une de ses dernières grandes campagnes, pour l’eau d’Evian, a été la plus vue sur internet avec 200 millions de téléchargements. Pas question pour Jacques Séguéla de céder à la déprime, en dépit de la crise. Le publicitaire est venu présenter ses recettes contre la morosité. « Lorsque la neige fond, elle ne devient pas de l’eau, elle devient le printemps. Tout mon métier se résume à ça : mettre de la magie dans les choses du quotidien », explique-t-il. Très en verve, le publicitaire de 80 ans dresse, en 2014, le portrait d’une France qui va mal. Les Français rient de moins en moins et consomment toujours plus d’anxiolytiques. Croissance en berne, chômage en hausse, des jeunes et de grandes fortunes sur le départ… Selon Jacques Séguéla, « la France est à bout de souffle car c’est le pays le plus fonctionnarisé du monde » mais « c’est surtout la jeunesse qui coule, alors que François Hollande en avait fait sa priorité ». Face à ce constat, il invite pourtant les Français à « rester dans l’avion » et propose cinq antidotes à la déprime.

D’abord, l’optimisme. Les optimistes ont inventé l’avion, les pessimistes le parachute : « il y a mille et une raison d’espérer, demain nous appartient », déclare Jacques Séguéla. Et de rappeler les nombreux atouts de la France, notamment économiques : quatrième pays du monde pour le nombre de prix Nobel, sixième en matière de dépôts de brevets, onze de ses entreprises se placent dans les cent plus riches du monde, elle est numéro un dans le secteur du luxe et parmi les pays les plus performants dans la chimie, le BTP, l’économie verte ou encore le tourisme. Son taux de natalité se porte bien, malgré une stagnation en 2013. Le français sera de plus en plus parlé dans les années à avenir avec le développement du continent africain, en grande partie francophone. Pour rester optimiste, la France a l’obligation d’aller de l’avant.

L’innovation est, pour le publicitaire, le second antidote à la déprime. « Nous avons inventé l’avion, la photo, le cinéma, la carte à puces, la publicité ou la télévision couleur, rappelle Jacques Séguéla. Et aujourd’hui ? Plus rien. Les banques doivent réapprendre à soutenir les PME ». Et la France doit faire de même avec son industrie en misant sur le made in France.

Ensuite, « la passion est mère de toutes les vertus », rappelle celui qui exerce le même métier depuis quarante ans. « C’est la passion qui me fait vivre et c’est la seule voie pour faire bouger les lignes », insiste le publicitaire qui, après un parcours scolaire compliqué, s’est révélé excellent élève au cours de ses études de… pharmacie.

Quatrième antidote, la jeunesse, porteuse d’espoir. « Il faut faire confiance à la génération mutante », prône-t-il. Celle qui a « des caméras à la place des yeux, un casque à la place des oreilles et des clics à la place des pouces », explique le publicitaire avec son sens de la formule. La nouvelle génération est la première à être plus informée que ses parents, plus technologique et plus connectée. Elle développe d’autres modes de consommation et de nouvelles façons de vivre, plus collaboratives. « Les jeunes occuperont dix emplois avant leur quarante ans et les plus demandés n’existent pas encore », prédit Jacques Séguéla. Autre motif d’espoir : « à leur âge, nous étions préoccupés par l’amour. Eux, ce sont les grandes causes », constate-t-il.

Dernier antidote à la déprime, « les femmes sont celles qui pourront nous sauver », prédit Jacques Séguéla. Les vingt siècles qui viennent de s’écouler ont été des siècles de machisme stupide. La force, la puissance, la domination et la guerre ont détruit le vingtième siècle ». Place désormais aux valeurs féminines, qui vont prendre peu à peu le relais : l’harmonie, l’équilibre, la générosité, l’émotion, le partage. « Ce sont les valeurs de la modernité. Il est temps que les femmes prennent la relève », insiste-t-il. Le chemin est encore long. La France est au quarante-sixième rang mondial en matière de parité. Les salaires des femmes sont inférieurs de 25% à ceux des hommes, elles ne représentent que 34% des cabinets ministériels et 27% des conseils d’administration. « Nous sommes hémiplégiques, nous vivons sur la moitié de nos capacités », déplore Jacques Séguéla. « Il faut décomplexer la France, conclut le publicitaire. Ses atouts et sa jeunesse ne demandent qu’à s’exprimer ».

Aurore Gorius

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