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Petit-déjeuner du Club Delville : « les nouveaux paradigmes dans l’industrie bancaire » avec Séverin Cabannes, Directeur Général Délégué de la Société Générale

Delville Management, cabinet de management de transition premium en France, a reçu jeudi 24 septembre 2015 au petit déjeuner du Club Delville Séverin Cabannes, Directeur Général Délégué de la Société Générale. Il a, à cette occasion, abordé le sujet des nouveaux paradigmes dans l’industrie bancaire. Découvrez le compte rendu de cet événement, ci-dessous. 

« Les nouveaux paradigmes de l’univers bancaire »

«Etre un dirigeant bancaire de nos jours revient presque à faire du management de transition , si j’en juge par la trajectoire de mes confrères européens. Heureusement, il y a davantage de stabilité en France », sourit d’emblée Séverin Cabannes, le Directeur Général Délégué de la Société Générale, la plus vieille banque française « qui n’a jamais changé de nom ». Arrivé à « la Générale » en 2007, après une brillante carrière dans l’industrie (Groupe Elf-Aquitaine) et les services (Steria), Séverin Cabannes se réjouissait, à l’époque, de rejoindre un secteur riche en perspectives et en croissance. « Je suis arrivé au cœur de la crise des subprimes et de la déflagration économico-financière mondiale qui s’est déclenchée. Depuis mon arrivée, j’ai donc du gérer des crises ». Selon Séverin Cabannes, la plus grave crise économique depuis les années 30 est la résultante d’un univers économique trop endetté qui a fait «disjoncter » l’économie mondiale. 8 ans plus tard, comment se porte cette dernière ? « Malgré des taux d’intérêt historiquement faibles les économies mondiales enregistrent des taux de croissance largement insuffisants, ce qui affecte, par définition, l’activité des banques dont la mission est de financer l’économie. Même si, dans la zone euro, nous enregistrons un léger rebond de l’activité depuis quelques mois, les perspectives de croissance sont encore largement insuffisantes», s’inquiète-t-il.

Doubler ses fonds propres

Pour tenter d’apporter une réponse appropriée aux dysfonctionnements financiers mondiaux, les autorités monétaires internationales ont élaboré des règles que certains jugent «drastiques » pour stabiliser le système bancaire (comité de Bâle : Bâle 3). Parmi les mesures préconisées par ce comité, qui rassemble les plus grandes banques centrales, figure l’obligation de doubler ses fonds propres. «Cela diminue mécaniquement par 2 la rentabilité de ces derniers, ce qui est fort préjudiciable pour la compétitivité de nos banques », constate Séverin Cabannes. Parmi les autres paradigmes hérités de la crise, l’univers bancaire est confronté à un phénomène de plus en plus prégnant : le recours à la désintermédiation pour financer l’économie. Autrement dit, l’arrivée progressive d’acteurs non bancaires, principalement les marchés financiers, une tendance à l’œuvre depuis de nombreuses années aux Etats-Unis. Par ailleurs, à l’instar de ses confrères banquiers, Séverin Cabannes déplore la forte instabilité de la réglementation bancaire qui empêche les banques de mettre en place de véritables stratégies de long terme, pérennes.

La Transition numérique

Autre paradigme nouveau qui affecte en profondeur l’univers bancaire, à l’instar des autres pans de l’économie : la transition numérique. «La Société Générale s’y consacre avec beaucoup d’énergie et de moyens. Cette révolution modifie l’ensemble du système bancaire. Tout change : la prise de contact avec les clients via internet, le processus de construction des produits bancaires (rapidité, interaction). Les organisations qui seront trop hiérarchiques et pas assez ouvertes dans leur fonctionnement seront irrémédiablement distancées ou disparaitront », explique-t-il. Autre danger nouveau, pointé par Séverin Cabannes : l’inflation des amendes bancaires, ces dernières années, notamment aux USA et en Grande-Bretagne. «Nous avons mis en place de nombreux compliance officers au sein de notre organisation afin d’être en parfaite conformité avec les règles». Face à la nouvelle donne bancaire, la Société Générale entend demeurer fidèle au modèle de « banque universelle » (banque de détail + banque de financement et d’investissement + banque de gestion d’actifs), qui « a fait ses preuves ». Parmi les enjeux majeurs auxquels les banques sont d’ores et déjà confrontées, Séverin Cabannes, pointe l’accès à la data, aux données de paiements des clients, «une information hyper précieuse, insuffisamment valorisée », précise-t-il. Par ailleurs, les banques doivent, dans leur mission traditionnelle de financement de l’économie, s’efforcer de privilégier les projets les plus vertueux, sur un plan environnemental. Enfin, Séverin Cabannes et la direction générale de la Société Générale sont bien conscients de l’importance des moyens à investir pour restaurer l’image des banquiers mises à mal depuis la crise des subprimes. «Nous devons être attractifs pour attirer les meilleurs talents et, ensemble, construire, la banque de demain ».

Pour en savoir plus sur le management de transition

Eric Delon