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Manager de transition, un métier difficile mais passionnant par Jean-Pierre Caffin, Directeur Général du groupe Prisma Presse

Manager de transition, un métier difficile mais passionnant par Jean-Pierre Caffin, Directeur Général du groupe Prisma Presse

Ancien Directeur Général du groupe Prisma Presse, aujourd’hui consultant, Jean-Pierre Caffin porte un regard avisé sur le métier de manager de transition et sur la crise de la presse.

Dans quelles circonstances et quand êtes-vous entrés en contact avec le Club Delville ?

C’était il y a un an, via la responsable du service communication.

Quelle est votre activité professionnelle ?

Je suis consultant en Stratégie chez Bain & Associés, spécialisé dans les médias, secteur dans lequel j’ai effectué une grande partie de ma carrière. Je possède également ma propre structure de consulting. A titre personnel, j’ai investi dans un fonds d’investissements qui réalise des financements en amorçage pour des start-up dans le secteur de l’Internet et des bio-technologies. Je suis également mentor de plusieurs start-up au Silicon Sentier (Le camping).

Quel a été votre parcours professionnel jusqu’à aujourd’hui ?

Jean-Pierre Caffin, son avis sur le management de transition

Ingénieur de formation, j’ai ensuite suivi un cursus à l’IAE Paris en Gestion financière. J’ai débuté ma carrière en région parisienne chez Norton SA, une entreprise industrielle américaine spécialisée dans les abrasifs, où j’ai occupé successivement les postes d’ingénieur, de DSI, de DRH et de DAF. J’ai ensuite été nommé Directeur Finances & SI pour l’Europe (7 filiales). Depuis, l’entreprise a été rachetée par le groupe Saint Gobain. Je suis resté 18 ans chez Norton où j’ai acquis une vue globale du fonctionnement d’une entreprise. J’ai ensuite intégré le groupe média Prisma-Presse, filiale du groupe Bertelsmann, en tant que Directeur Général au côté de son créateur Axel Ganz. Je suis également resté 18 ans chez Prisma-Presse où j’étais en charge de la gestion du groupe à l’exception du contenu éditorial. A mon départ en 2009, la société comptait 1000 collaborateurs et publiait 24 titres de presse magazine..

A l’aune de cette expérience comment analysez-vous la crise de la presse ?

La presse a la chance de bénéficier de deux sources de revenus : la vente de ses produits et celle d’espaces publicitaires. Au fil des années, les groupes sont devenus « publicité-dépendants », ce qui, avec la baisse brutale des recettes publicitaires a rendu le modèle économique de la presse fragile. L’irruption d’Internet et son essor n’ont pas été assez rapidement pris en compte par les groupes de presse, provoquant une chute continue des ventes en kiosques et une baisse des résultats d’exploitation. Tous les groupes de presse, ou presque, ont en outre donné gratuitement accès à leurs contenus sur le net, sans anticiper les transferts du print vers le numérique, rendant les formules payantes sur le net difficiles à mettre en place par la suite. D’où la crise actuelle.

Comment «manager» des journalistes ?

Le plus compliqué consiste à trouver la parfaite adéquation entre la liberté éditoriale et les contraintes publicitaires. Les intérêts des deux parties sont souvent antagonistes ! L’autre problème est que les journalistes sont souvent très conservateurs par rapport à la notion même de changement et de modernisation. D’où le retard des rédactions dans la maîtrise du web et du mobile. A notre époque, où tout change vite, et la consommation des médias en premier lieu, c’est une peur qu’il faut dépasser si l’on ne veut pas offrir un contenu rapidement obsolète.

A la lumière de votre riche carrière que pensez vous du métier de manager de transition ?

Ce nouveau métier devrait être davantage utilisé par les managers en recherche d’emploi parce qu’il permet de continuer de travailler tout en recherchant un nouveau poste. Il peut également servir de pré-embauche dans la société où ils exercent leur métier de managers de transition. Ces missions sont difficiles car les contextes dans lesquels ils interviennent sont souvent délicats et nécessitent une prise de fonction extrêmement rapide et efficace. Si une proposition de ce type se présentait et qu’elle rentrait dans le cadre de mes compétences, je pourrais sans doute me laisser tenter.