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« Quel dirigeant pour la reprise ? » par Guillaume Roesch, manager de transition chez Delville Management, cabinet premium de management de transition

« Quel dirigeant pour la reprise ? » par Guillaume Roesch, manager de transition chez Delville Management, cabinet premium de management de transition

Les crises accélèrent les changements ; elles les provoquent souvent. Car une fois passée la sidération, puis la nécessaire période d’inventaire et d’analyse, tout dirigeant soucieux d’enclencher la reprise s’inscrit dans une démarche de progrès – optimisation, relance, innovation, … – qui, de facto, l’éloigne du désormais fameux « monde d’avant ».


C’est pourquoi les meilleurs dirigeants durant cette période cruciale ne ressembleront pas forcément à ceux en poste avant la crise, sauf à avoir une extraordinaire faculté à se réinventer. Qui est donc ce manager de la reprise ? Homme ou femme, quelles sont ses qualités de dirigeant dans le « monde d’après » ?


C’est d’abord un challenger. Il ou elle sait agir avec l’hyper-réactivité que lui confèrent des expertises solides acquises dans d’autres situations de crise, d’autres secteurs d’activité, d’autres contextes. Ainsi, il innove sans avoir à renoncer, change de cap sans se renier. Avide de défis, il a la ténacité de ceux qui ont connu la complexité et l’adversité. Il sait que, dans les situations de retournement, il y a une prime à la vitesse.


Il est ambidextre, capable de s’intéresser à la nouvelle organisation découlant du télétravail, tout en préparant la future stratégie attendue par l’organe délibérant et les actionnaires. Parce que ceux-ci sont pour l’instant plus préoccupés par des considérations de résilience que des objectifs d’efficience, son goût pour l’opérationnel et le concret doivent primer sur son aptitude à la théorie et à la politique.


Pour le manager de la reprise, douter est une obligation professionnelle. En tous les cas, il fait preuve d’humilité face aux incertitudes, encore innombrables durant les mois à venir. Il ou elle est habitué(e) aux environnements hostiles, qui nécessitent sang-froid et courage managérial face à des décisions difficiles.


En territoire inconnu, il sait faire fonctionner l’intelligence collective, plus que jamais la principale clé de la réussite. Convaincu de la nécessité de faire bouger les lignes pour progresser, il se place dans une logique d’apprentissage et de progrès. Il fait preuve d’audace.
En période de rebond – pour l’instant trop graduel -, les entreprises gagnantes sont celles qui savent utiliser les effets de la crise comme un levier de différenciation. On le voit par exemple dans l’évolution des modes de consommation, donc de distribution. Demain, les multiples plans de relance, de nouvelles mesures sociales, la poursuite des transformations numériques, ou le rétablissement des équilibres financiers des entreprises, vont transformer les eaux calmes de l’avant crise en torrents tumultueux.

Hier rameur, le dirigeant de la reprise devient surfer.