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Valdunes : redressement d’une icône industrielle

Posté par : Clarisse Maitre
Catégorie : Actualités, Actualités

En 2023, Valdunes, le dernier fabricant français de roues et d’essieux ferroviaires, faisait face à une crise sans précédent.

Confrontée à des difficultés financières majeures, des tensions sociales et une perte de direction, l’entreprise n’avait plus que quelques mois de trésorerie en réserve.

C’est dans ce contexte critique que Guillaume Ferrand, manager de transition identifié par Delville Management, est intervenu pour redresser l’entreprise. Voici un aperçu de cette mission délicate et complexe, racontée par Guillaume Ferrand lui-même.

Guillaume Ferrand

Guillaume Ferrand

Guillaume, dans quel contexte avez-vous démarré votre mission chez Valdunes ?

Valdunes, autrefois un leader européen dans la fabrication de roues et d’essieux ferroviaires, était en redressement judiciaire depuis novembre 2023.

Avec 21 millions d’euros de dettes, 3,5 millions en caisse et des pertes mensuelles de 1,5 million, l’entreprise était au bord du précipice.

La situation était aggravée par le départ en retraite du directeur général et le congé maternité de la directrice administrative et financière, créant un vide managérial critique.

Les grèves fréquentes des salariés, représentant 30% des jours ouvrés, ajoutaient une pression supplémentaire sur la production et les livraisons.

Guillaume, dans quel contexte avez-vous démarré votre mission chez Valdunes ?

Valdunes, autrefois un leader européen dans la fabrication de roues et d’essieux ferroviaires, était en redressement judiciaire depuis novembre 2023.

Avec 21 millions d’euros de dettes, 3,5 millions en caisse et des pertes mensuelles de 1,5 million, l’entreprise était au bord du précipice.

La situation était aggravée par le départ en retraite du directeur général et le congé maternité de la directrice administrative et financière, créant un vide managérial critique.

Les grèves fréquentes des salariés, représentant 30% des jours ouvrés, ajoutaient une pression supplémentaire sur la production et les livraisons.

Comment s'est déroulée votre arrivée chez Valdunes en tant que Directeur Général de transition ?

En tant que manager de transition, je n’avais pas de passé ni de conflit historique avec les employés, ce qui a facilité les échanges avec les salariés de Valdunes.

Dans tous processus de redressement, l’Humain, c’est la clé.

La prise en compte des aspects émotionnels de toutes les parties prenantes de l’entreprise est essentielle, et en tant que manager de transition, mon rôle a été avant tout de prendre en compte la place de chacun au sein de l’entreprise.

Les employés de Valdunes étaient particulièrement attachés à leur entreprise, beaucoup ayant effectué l’ensemble de leur carrière au sein de l’entreprise. Parfois, même leurs parents y avaient travaillé.

Ce lien fort a rendu le déclin de l’entreprise d’autant plus douloureuse à leurs yeux.

J’ai donc instauré des réunions régulières avec les employés et les syndicats, partageant toutes les informations financières et opérationnelles de manière transparente.

Cette approche a permis de réduire les tensions et de remobiliser les équipes autour d’un objectif commun : sauver Valdunes.

Quels étaient les principaux enjeux et objectifs de votre mission ?

Les enjeux étaient multiples. Maintenir l’activité était primordial pour gagner du temps et trouver un repreneur.

Sans activité, Valdunes aurait perdu toute valeur.

Il était donc essentiel de bien gérer le cash et de rétablir la confiance du personnel et des clients.

Ensemble, nous avons travaillé sans relâche pour assurer la continuité des opérations, prendre des commandes et livrer les clients.

Cette stratégie a permis de préserver la valeur de l’entreprise et de convaincre le tribunal de commerce de nous accorder un sursis.

Quelles actions concrètes avez-vous mises en place pour répondre à ces défis ?

Plusieurs actions stratégiques ont été nécessaires :

  • Contrôle stricte de la trésorerie :

Chaque semaine, nous faisions un point avec les équipes pour évaluer la situation financière et déterminer les actions prioritaires.

  • Optimisation des processus internes :

Nous avons réorganisé les processus de production pour réduire les inefficacités et maximiser les revenus.

  • Analyse des coûts de revient :

Notre analyse a révélé que certains produits, représentant un tiers du chiffre d’affaires, étaient vendus quasiment au prix de la matière première.

 

En abandonnant ces produits non rentables et en se concentrant sur des produits à forte marge, comme les galets utilisés dans des applications très techniques, nous avons pu présenter un plan de réorganisation convaincant aux futurs repreneurs.

Quels ont été les résultats de votre intervention ?

Grâce à une approche méthodique et humaine, Valdunes a réussi à surmonter ses défis immédiats.

Un repreneur industriel français a été trouvé, assurant la continuité des activités de l’entreprise.

Bien que tous les emplois n’aient pas pu être sauvés par le repreneur, 200 des 310 employés initiaux ont conservé leur poste, offrant un nouvel espoir pour l’avenir.

Quelle conclusion tirez-vous de votre mission ?

Contrairement à l’image souvent négative associée aux missions de redressement, notre rôle est de venir en aide aux entreprises, et de travailler en collaboration avec les employés, non contre eux.

Ma mission est la preuve qu’avec une approche centrée sur l’humain, combinée à des actions concrètes et structurées, il est possible de redresser une entreprise en difficulté et de lui offrir une nouvelle perspective d’avenir.